-
Mon panier ( 0 )
- Ma wishlist
- Mon compte
Jeu de symétrie
Hier, la société et la famille primaient sur la liberté individuelle quant à la sélection du conjoint. Aujourd’hui, l’individu fait face àune multitude de choix. Son seul guide - croit-il ! -, l’amour. Mais Eros ne frappe pas indistinctement.
Près de deux tiers des couples sont constitués de personnes issues de groupes sociaux identiques ou proches (ce que l’on appelle l’homogamie “élargie”). L’endogamie (choix d’un conjoint originaire du même lieu), bien qu’en recul du fait d’une mobilité résidentielle accrue, reste forte. Pourquoi pas ? Comme le montrent les petites annonces matrimoniales, la recherche de l’amour va spontanément s’orienter vers quelqu’un qui nous ressemble.
Le choix du conjoint serait alors prédéfini ; pourtant, la beauté de l’idéal amoureux ne réside-t-elle pas dans son absence totale de discrimination ? Et que les couples sont fascinants lorsque le curseur homogame s’abstrait : Gainsbourg et Birkin, Monroe et Miller…

Justement : au-delà des ressemblances, le lien conjugal se forme aussi en fonction des complémentarités, et donc des différences. L’autre doit être aussi proche que possible, mais doté d’une richesse particulière qui nous fait défaut, dans l’optique d’une cohérence globale du couple.
Entre hétérogamie (union de deux personnes de groupes sociaux différents) et homogamie, pourquoi donc la balance sociale penche-t-elle en faveur de cette dernière ? Parce que chaque groupe social a des lieux de rencontres qui lui sont propres.
Le choix du conjoint se situe donc juste là, entre déterminisme social et stratégie des acteurs, sur fond de sentiment amoureux. L’ardent Eros, avant de décocher sa flèche, doit d’abord déchiffrer l’échiquier social avec l’habileté d’un expert-comptable.

Connect
by GABRIEL MORAINE